Des ouvriers actionnent les portes des écluses pour permettre l’entrée du vapeur Turret Crown dans le canal de Lachine, 1895.
Musée McCord / II-111872
Le canal Lachine est plus qu’une voie de navigation, c’est aussi le moteur de l’industrialisation de la ville et du pays. Ses deux premières écluses sont situées dans le Vieux-Port de Montréal.
En 1825, le canal de Lachine s'ouvre à la navigation commerciale : c'est la première voie navigable pour transporter de la marchandise du Saint-Laurent aux Grands Lacs. La succession d'écluses permet de compenser le dénivellement naturel du fleuve, soit 14,3 mètres sur une distance de 13,5 kilomètres.
À compter de 1847, les terrains avoisinants les écluses sont loués à des industries qui s'alimentent à même l'énergie hydraulique créées par elles, en faisant ainsi du canal l'un des noyaux de l'industrialisation de Montréal et du Canada.
Le canal connaît son achalandage le plus intense en 1870 : 13 572 bateaux y circulent, dont le quart sont des bateaux à vapeur et le reste des voiliers. L’ouverture et la fermeture des portes des écluses sont alors commandées par un treuil à manivelle actionné par les éclusiers... Parions qu’ils avaient les bras musclés!
En 1929, le canal de Lachine est déclaré « Site historique national canadien ». L’ouverture de la nouvelle voie maritime du Saint-Laurent le rendant désormais désuet, on le ferme complètement à la circulation en 1970. Des travaux de réfection majeurs sont effectués en vue de la réouverture du canal de Lachine à la navigation, en 2002. Les écluses 1 et 2 sont aujourd’hui empruntées par les bateaux de plaisance dans leur parcours du Vieux-Port au lac Saint-Louis.